Anna Byskov

Née en 1984 à Quito (Equateur), elle vit et travaille à Genève et à Nice. Diplômée de la Villa Arson à Nice. Elle a participé à « Slick » au Centquatre à Paris, plus récemment au « Le Festival » dans le cadre de « Beaubourg-la Reine » au centre Pompidou, et aux Halles de Shaerbeek, Bruxelles en avril 2010.

Partagée entre les cultures et langues danoise, anglaise, suisse, Anna Byskov est quelqu’un qui cherche souvent ses mots…
Son travail évolue lui aussi dans les zones floues du non-sens, du contre-sens ou de «l’anti-sens»: L’absurde finit toujours par prendre le dessus. Elle incarne souvent différents personnages dans ses vidéos qui rencontrent des problématiques, que ce soit dans la communication ou dans l’action, la tentative d’accomplir une tâche quelconque, rencontre toujours l’échec, produisant frustration, auto-dérision et répétitions du geste ou de la parole.

BLOC OF PAPER», vidéo, 2006 (02:19)

«Bloc of Paper» interroge les responsabilités humaines en société et ce que cela représente. On retrouve des notions de bureaucratie, d’administration et de solitude. La définition du copiste est aussi très présente dans ce travail, car elle permet d’interroger ce que c’est qu’un artiste, un individu, un travail, un quotidien dans notre société.
Référence principale, Bartleby de Melville met en avant ces facteurs. On réalise que le copiste est finalement un individu qui fait, par obéissance.
Du coup, il ne fait plus rien d’autre et perd toute créativité, jusqu’à en perdre son «humanité».
Dans « Bloc of paper », je commence à classer des feuilles blanches, qui signifient l’idée du «désintérêt» et du «sans importance». Ce geste simple voire anodin se répète. Cette récurrence est d’abord, longue, ensuite, absurde, puis presque drôle. À travers ce personnage énigmatique, le décor, et l’action, la frustration et le malaise se mélangent avec un certain humour qui rend la situation burlesque et tragicomique.

BUMP, vidéo, 2009, (04 :55)

Dans une forêt, un personnage portant un casque de hockey fonce brutalement dans des troncs d’arbres. Le calme de la forêt, la douceur de la musique et la lenteur des images est confrontée avec la violence et la brutalité de l’action pour créer une ambiance ambiguë entre la sérénité et le suicide.
Après multiples reprises, le personnage perd son équilibre et sa force physique pour aboutir à une fin tragique où l’acharnement cesse par sa chute non-surmontable:
L’obstination de rater sa vie est complètement accomplie.
« Principe n°27 : Précipitez-vous et soyez péremptoire :
Ne doutez jamais. Précipitez-vous, foncez dans tous les panneaux tête baissée, sans répit, sans recul.»

«Comment complètement rater sa vie en onze leçons», Dominique Noguez

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