# 1 – SELF. Texte de médiation

Pour ce premier volet du cycle d’expositions et d’événements « Action Planning », Julia Garbuzova et Marlène Perronet ont invité Elodie Dufour à s’associer à l’équipe curatoriale.

ACTION PLANNING se définit par sa forme, son contexte géographique et sa temporalité. Ce cycle de projections exposées s’inscrit dans le cadre de l’année croisée France-Russie 2010. La forme de l’exposition est une juxtaposition de projections de vidéos courtes et de diaporamas. Elle a pour ambition de rendre perceptible la légèreté et la puissance du geste artistique. Dès que celui-ci ne se présente plus sous la forme d’un objet, il n’a plus valeur d’usage et perd donc toute valeur d’échange. Il peut dès lors se présenter comme relevant de « l’envers de la marchandise » selon l’expression de Giorgio Agamben.

Le corps, le temps et l’espace sont les dimensions et les éléments fondamentaux de l’art performatif. Dans les oeuvres présentées ici il ne s’agit pas de documentation de performances mais d’enregistrements, de montages, de collages ouvrant sur un jeu ambigu entre la réalité et la fiction. Le facteur commun entre ces différents travaux est l’utilisation de dispositifs légers d’enregistrement et de restitution.

ACTION comme « gestuel », « fait », « mesure », « acte », « posture » et « recherche » du rapport à l’autre ou à soi-même. Que reste-il du geste artistique à l’heure de la maîtrise des techniques de représentation ? Une réponse pourrait être, l’aléatoire du geste et l’inconnue de sa réponse induite.

La notion de SELF apparaît en psychanalyse dans la théorie winnicottienne (Donald Wood Winnicott, 1950) qui désigne l’image que le sujet se fait de lui-même ainsi que la possibilité à ce que cela corresponde effectivement à ce qu’il est. Cette conscience de soi permet le sentiment d’individuation, l’idée d’être un soi différencié et face au monde.

L’altérité permet le contact avec l’extérieur en bénéficiant de sa propre conscience et de sa liberté d’action. Cette posture psychologique fondamentale dans la construction de notre individualité peut aussi faire l’objet de dysfonctionnements et donner lieu à un défaut de conscience de soi que l’on appelle faux self. Dans ce cas l’extérieur et l’individu ne sont pas différenciés et forment douloureusement une seule et même entité. La frontière entre conscience de soi et extériorité devient infime, l’individu est à la merci de son environnement. En sont alors modifiés le sentiment d’être un ‘soi’, le vécu de l’intériorité sensorielle, le rapport à l’autre autant que sa propre capacité à intervenir sur les éléments qui nous entourent.

Les travaux des 13 artistes présentés dans ACTION PLANNING # 1 – SELF proposent une forme sensible d’expérimentation, souvent ambiguë et répétée, de l’existence de cet espace entre je et l’autre.

Le corps n’est plus le seul outil de recherche pour l’artiste, la conscience même de soi devient une expression, prenant chaque fois le risque de la perte de soi, physiquement ou psychiquement. Telle l’artiste Tania Leshkina dans son œuvre Balance qui donne à voir sa propre expérience du sentiment de dépersonnalisation en se fondant dans les ombres, les formes ou les murs mêmes. Ou encore la vidéo Interprétation de l’artiste Masha Sha, qui va jusqu’au bout de l’expérience sensorielle de l’autodestruction.

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